Brouillon de Culture

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Culture Quickies #2 : Combat Rap 2

Vous vous souvenez que je vous avais parlé de Combat Rap 2 dans le premier de ces Culture Quickies ?

Eh bien ça y est, je l'ai achevé. Et bon, je voulais vous en parler, on est là pour ça, comme vous le savez.

combatrap2.jpgCe second volume hérite résolument de son grand frère. Dans une première partie (de tout de même neuf chapitres), les auteurs brossent un portrait détaillé mais non-exhaustif (assumé) du genre "rap français". Ponctué de nombreuses citations amenées parfois de manière discutable, l'historique présenté est écrit en un langage extrêmmement soutenu. Est-il besoin de rappeller à ce point, en des termes aussi mélioratifs, son amour pour un art ? La limite entre éloge et masturbation est vraiment fine.

Quant aux interviews, le constat est tout aussi mitigé que pour la présentation générale : on oscille entre l'érudit, et l'inutilement mielleux. Les introductions distribuent les bons points aux artistes présentés dans un style tout aussi relevé que le reste, ponctué là encore de citations plus ou moins bien amenées. Les interviews en elles-mêmes sont dans la même veine que le reste, mainstream (rien ne dépasse), renseignées (les auteurs sont cultivés en la matière, autant dans le général que le détail), et bienveillantes ("rap français = gentil calin"). J'ai du mal avec cette plume qui caresse le lecteur et l'interviewé dans le sens du poil. Et puis, à part sur le factuel, le détail, on apprend pas grand chose si l'on s'intéresse déjà au sujet.

"Voyez qu'on peut utiliser des grands mots pour parler de/au rap français !" semble nous dire le livre.

On peut parler de tout avec des longues phrases et des grands mots, certes. Est-ce bien utile cependant ? Je n'en suis pas sûr. Le rap français s'est fait beau, il s'est parfumé et coiffé, et il a apporté une boite de chocolat. Pas sûr que ça en fasse le gendre idéal pour autant, même si Combat Rap 2 tente de le faire passer comme tel.

Quatre mots et un point.

Un billet inhabituel pour une personne du même calibre. Il n'admettrait pas la remarque, mais qu'importe. Lui c'est Vince aka Han-DJ 20-100-Tranzition alias Sucre Roux, le killer writer de la L3 Infocom cuvée 2008/2009. Rares sont les rencontres humaines qui vous fournissent l'occasion de reconnaitre en quelqu'un d'opposé (intellectuellement), un complémentaire et non un ennemi. Rencontrer Vince, c'était ça.

vinz.jpgJe veux dire que lorsque je lis un volume sur la psychologie des médias assis dans le tram, lui se trouve debout à surveiller l'entrée des contrôleurs avec un Presse Océan sous le bras. Lorsque je commande un bouquin sur Amazon, il chope un gratuit sur une improbable table basse de la Censive. Lorsque je pêche du son en streaming sur le net, il écume les disquaires pour trouver des pépites en 33 tours. Lorsque je cuisine mes rappeurs favoris façon Hannibal Lecter, il prépare quatre questions sur un coin de papier et fait tout le reste en relances-coups de pelle à la Bernie. Je suis celui qui veut faire l'interview définitive de Médine, il attaque les EPMD avec un "did you enjoy the soirée?"[1] du plus bel effet. Il dévore les Technikart et de la PQR que j'aime haïr, et je lis les interviews de l'abcdrduson avec un papier du Diplo en jurant que jamais il ne lira ça. Il ne croit pas une seconde à la destination numérique de la presse quand j'en fais le cœur de mon projet professionnel. Il porte des t-shirts stylés hip-hop trendy, j'ai mon baggy et ma veste de costume. Je bois des vodka-martini, il enchaîne les bières. Il vit ses pensées avec le même acharnement que je pense ma vie. Je suis l'ampleur de la théorie, il est l'expérience de la pratique. Il prononce son jugement en une phrase-sanction, je développe ma critique sur un dix-mille signes hypertextuels.

Pour Just Read It, je vais jouer sur les mots mais on a fait un passe-passe au pluriel, comme Busta et Disiz en leur temps. Il a eu le plus de contenu(s) et moi le plus de caractère(s). J'aurais envie de dire qu'en aspirant-journalistes, on était comme les Lunatic, moi plutôt Ali, lui plutôt Booba. De l'éloge du fond et de la forme enfin réunis.

Alors pour ne pas en faire non plus des caisses, je vais lui emprunter pour quelques mots seulement sa plume à punchlines. Conclure cet hommage à sa manière : avec quatre mots et un point. Pour la leçon de vie. Pour m'avoir montré que les choses simples peuvent être pleines de sagesse. Vincent, un grand merci. Quatre mots, un point.

Notes

[1] En franglais dans le texte.

Culture Quickies #1 : il pleut des livres

culture-quickies.jpgNouveau rendez-vous sur ce blog, je croque un morceau de culture et je vous en révèle mes premières impressions à chaud.

On commence aujourd'hui avec ma sélection de lectures du moment. Pour faire simple, j'ai accumulé depuis quelques mois un petit tas de bouquins et de revues dans mon panier Amazon et pas loin de mon lit (lieu de lecture s'il ne fallait en citer qu'un). Au menu donc nous avons :

  • Combat Rap 2 : un recueil d'interviews du gotha du rap par Thomas Blondeau et Fred Hanak. J'avais apprécié le premier volume, je ne pouvais que soutenir leur second. Arrivé à la moitié, je trouve leur choix de questions défendables mais moins piquant que ce que j'aurais moi-même produit. C'est pointu sans être inattendu, érudit mais pas forcément curieux.
  • Amusement #4 : le quatrième du trimestriel était historique, il fallait donc que je pose mes mains dessus. Du RFID dans un magazine papier, geek & chic, avec des articles de fonds et des photomontages PAO ? Swweeeeet...
  • Ecritures journalistiques : Stratégies rédactionnelles, multimédia et journalisme narratif : je sais, ça sonne pas super sexy, mais que voulez-vous ? Il faut bien que je lise aussi quelques trucs sérieux, non ?
  • Introduction aux enjeux artistiques et culturels des jeux vidéo : un petit bouquin proposant les bases d'une définition d'un univers aussi vaste et touffu qu'une forêt équatoriale. Comme c'est un peu ma passion, je vois ce livre comme un renfort argumentatif et théorique quant à mon discours et mon regard sur le sujet. Comment ça "spoil the fun" ?
  • Psychologie sociale des médias : un ouvrage que j'ai commencé il y a un bon moment (début d'année scolaire peut-être) qui fait le lien entre deux de mes trois qualifications universitaires (Psychologie et Information-Communication).
  • Petit bréviaire des idées reçues en économie : une petite introduction en biais sur le grand monde de l'économie que je veux aborder de manière "ludique" (au lieu de commencer à lire des manuels ou des ouvrages scolaires d'introduction), par le collectif des Éconoclastes.
  • Conan l'Intégrale, tome 1 : Le Cimmérien : parce que c'est un classique. Parce que Suck My Geek (le documentaire intelligent sur le monde geek par des geeks) avait cité son nom dans les fondations cette communauté dont je fais partie.
  • IG Magazine #1 et #2 : "L'esprit du jeu vidéo" dit le sous-titre, un vrai beau magazine papier sur les jeux vidéos, sans pub, et avec du beau papier. Contenu mutualisé piochant notamment sur les contenus de Gameblog, enquêtes, dossiers, je ne peux que cautionner, et encourager !

Et à part ça, la presse va bien, oui ma bonne dame. Et pendant ce temps-là, la "culture banlieue" s'invite dans le débat politique (via le twitter de Cafeine). Arlette Chabot est décidément prodigieusement conne.

Mutants : la consanguinité cinématographique

mutants-affiche.jpgUne fois n'est pas coutume, l'Absurde Séance, rendez-vous bien connu des cinéphiles déviants nantais, diffusait un film d'actualité de type "gros client". Mutants était largement attendu, preuves en furent les nombreux sujets ouverts sur les fora spécialisés à son endroit. Le petit milieu des amateurs de film horroro-fantastique bruissait de nombreux chuchotements à son égard. Enfin un film français de genre, crédible et bien filmé, avec quelques moyens venant épauler les ambitions de son réalisateur pour son premier film. Parlant de son budget resserré, David Morley n'avait-il pas déclaré que le moindre euro se verrait à l'image ? Si depuis les exemples de Martyrs, À l'intérieur (qu'il faut décidément que je vois) ou de Humains on sait que le cinéma français frétille de l'ambition de rivaliser avec son homologue nord-américain sur le terrain glissant de l'horreur, les exemples de réussites ne sont pas vraiment légions. Y'en a t'il même un seul véritable ? Le cinéma français aurait-il enfin son 28 jours plus tard à lui ?

J'ai bien peur que non. Oula non.

Warning : il y a des spoilers, mais bon le film est tout naze donc osef.

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Wolverine : une balle dans la tête

wolvie-affiche.jpgGod damn it !

On ne pensait pas qu'on pouvait aller plus bas, mais ils l'ont fait. Après un X-Men 3 parfaitement pitoyable, j'avais osé espérer, comme beaucoup, dans ma grande naïveté (et ma bienveillance naturelle concernant tout ce qui est superhéroïque) que la nouvelle saga Marvel baptisée Origins laverait l'affront fait au monde mutant.

On aurait pu attendre du rejeton cinématographique Marvel-esque un regain d'attention sur le travail d'adaptation des cases au grand écran. On aurait pu attendre une histoire pas trop lointaine de celle que l'on connait depuis maintenant quelques années, au travers d'oeuvres comme Weapon X ou Wolverine Origins.

On aurait pu enfin craindre avec raison que l'expérience X-Men 3 n'amène à ce que ce Wolverine soit un raté, victime de la guerre de la qualité contre la quantité. C'est bien pire que cela.

God fuckin' damn it !

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Humains : un survival montagnard bien de chez nous

Un film français type survival montagnard ? Avec Lorànt Deutsch et Sara Forestier ?

affiche-humains.jpgJe le confesse, j'ai de vilains préjugés quant au cinéma de ma patrie. Pour paraphraser un très bon papier que j'ai lu il y a quelques jours, pour moi les bons films français, c'est comme les patrons de gauche ou les poissons volants, ça existe, mais c'est pas particulièrement représentatif de l'espèce. Donc me voila embarqué pour aller à l'avant-première presse de "Humains" avec Lorànt "Les intrépides" Deutsch et Sara "L'esquive" Forestier, non sans appréhension. Pensez-donc : un film français affilié thriller horrorifique, non seulement ça sent le roussi, mais en plus ça rassemble deux composés instables (mais désopilants lorsque manipulés par des incapables) constitutifs des fameux "navets".

Les gros navets genre Les Rats de Manhattan, ou White Fire pour ne citer que des prestigieux.

À dire vrai, je n'ai pas cessé d'avoir cet espoir secret chevillé au corps : celui d'identifier enfin l'exemple qui tue, le paradigme français du film prétentieux atteint du syndrome de la grenouille voulant se faire aussi grosse que le boeuf. Mais il n'en fut rien. Rendons grâce aux réalisateurs, leur film est honnête. Il est rapide, rythmé, court et sommes toutes, plutôt fluide.

Ceci étant dit, et parce que je suis un petit con beaucoup trop critique, il me faut ici livrer la substance de quelques éléments qui ne me reviennent pas. Et le premier d'entre eux, la concaténation, exemple parfait de la fausse bonne idée. À la limite, un film peut jouer sur deux, voire trois genres distincts, lorsque c'est fait avec inspiration et talent, pourquoi pas. Mais là la sauce ne prend pas.

WARNING : Cet article contient de très haute dose de vilains spoilers...

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Gran Torino : la sensibilité d'un colt

gran-torino-affiche.jpgClint Eastwood sensible ? LE Clint Eastwood de Dirty Harry, du Bon, la Brute et le Truand ? Celui qui déclarait en 2005 être prêt à douiller ce gros con de Micheal Moore s'il se pointait chez lui ? Sensible ?
Je sais que ça va vous faire un choc, mais oui, au delà de la bande-annonce et de ce qui s'est dit ça et là, Gran Torino n'est pas un film de vengeance calibrée. Loin de faire dans la facilité du genre, le papy des badass mofo fait de la résistance et sort son gun, pour la bonne cause. Ni pour l'honneur, ni pour une poignée de dollars, ni pour la justice crade de Harry Callahan, mais pour bien d'autres choses. Un film où l'on déverse des insultes racistes, où le héros se trimballe en portant son futal remonté aux aisselles envoie forcément du lourd, au moins dans la gueule du politiquement correct. Quand une légende du cinéma fait le bilan (calmement) de sa carrière, on se tait et on regarde. Et on jubile aussi.

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Max Payne : mi-moisi, mi-pourri

max-payne-title.jpgJe parle du film. Évidemment, je veux dire, qui aura cru un seul instant que j'eus pu même mettre le mot "pourri" en face de Max Payne dans la même phrase, et sans négation ? Non, je vous parle ici bien entendu du film sorti dans nos contrées le 12 novembre dernier. J'avais lu avec attention la critique assassine de Marc Godin sur Bakchich, et j'aurais aimé en lire d'autres un peu plus tempérée, notamment parce qu'il s'agit d'une adaptation. Oui parce-que lorsqu'on connait les horreurs que le processus de portage d'un jeu-vidéo vers le cinéma a pu donner, on apprend à relativiser. Prendre ces productions en tant que films purs, c'est quasiment les condamner aux potagers des navets de fait, exception pour le réussi Silent Hill de Christophe Gans. Ainsi donc, que peut-on dire de Max Payne concernant sa parenté avec deux grandes Å“uvres du jeu vidéo ?

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Lost Planet : un shoot comme on en fait plus

lostplanet-jaquetet.jpgLost Planet Extreme Condition est une synthèse de tout ce que le Japon a pu produire de shoots débiles depuis des années. C'est l'histoire d'une planète gelée où il fait de la super neige tout le temps. Je vous lance le pitch...

Tellement il fait froid, les gens n'arrivent pas à vivre, à part cachés ou dans des gros mechwarriors de combat. En plus, pour ne rien arranger, la planète est infestée d'une race d'aliens très vilains qui supportent très bien le froid, eux. Là dessus, notre héros débarque avec sa mémoire en vrac, son père mort, un objectif de revanche et, vous l'aurez compris, la perspective de sauver la planète verglassée. Mais la sauver de quoi me demanderez-vous ? On s'en fout. Vous n'avez pas encore compris ? On est pas là pour faire dans le complexe, on débarque, on dératise, on morcèle, on réduit à néant.

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Just Read It : l'aventure commence

justreadit-title.jpg Just Read It. T'es pas encore au courrant ? Va juste lire ce webzine, prends ta dosette quotidienne de news fraîches comme le swag de Dany Dan, écrites comme Lino cogne sur le beat. Tu veux lire des chroniques ciselées, des interviews qui envoient au tapis comme un Sho Ryu Ken bien placé, des brèves qui t'arrachent un sourire comme on t'a arraché ta dernière molaire, tu veux des rédacteurs de talents qui perdent 10 ans d'espérance de vie en moins d'un mois ? Just Read It.

T'entends pas ou quoi ?

Tu crois que Just Read It est un webzine parmi tant d'autres ? Laisses moi te montrer comment on va occuper le terrain de ton Internet nerd avec les dièses que les vrais respectent pas encore, mais bientôt. Just Read It, c'est donc :

  • 4 beaux jeunes hommes motivés, talentueux et charismatiques, même si c'est pas très web 2.0, et encore moins hip-hop (peut être Jpop à la rigueur),
  • Un webzine que même ta mère pourra lire, et respecter,
  • Un twitter et le RSS qui va avec (pour les twitters déjà inscrits) pour connaître les coulisses et autres private jokes de notre rédaction, et connaître notre recette du talent,
  • Un MySpace super frais où tu pourras découvrir les news brûlantes servies fraîches avec un glaçon, une ombrelle et une olive,
  • Un groupe Facebook ou une appli ou les deux (work in progress), histoire que même tes friends puissent profiter de...

Just Read It.
Va juste le lire, toi, jeune (ou moins jeune). Tu le connais pas encore ? C'est le webzine officiel du festival HIP OPsession. À Nantes du 12 au 28 février, un festival européen de Hip, de Hop et autres tendances urbaines qui invitent des danseurs, des graffeurs, des beatboxers, des rappeurs, qui proposent des ateliers, des concerts, des battles, des projections, des conférences... Et un seul webzine pour en parler (avec talent), un seul pour monopoliser mes efforts, ceux de Vince, ceux de Val, ceux de Pepso. Va le lire que je te dis, just read it, tout est dedans. Et on plaisante pas, on va interviewer rien de moins qu'EPMD (and they mean business you know), Busta Flex et last but not least... Médine ! L'Arabian Panthers qui me fait voyager du Panjshir à Harlem et après qui je cavale depuis facilement 1 an et demi arrive... Il arrive et je suis enfin prêt.

Une enquête sur sa démarche, un live-report, une interview, ça devrait m'occuper. Et ça c'est sans parler de l'autre vingtaine d'articles qu'on a chacun prévu de vous proposer, bande de petits veinards. Alors stay tuned comme dirait ce bâtard de Don Imus et préparez-vous à saigner des yeux comme Daredevil !

justreadit-team.jpg

Le saviez-vous ? Les rappeurs citent Montaigne

francois_grosdidier.jpgAvant toute chose, visitez le Blavog, le blog qui blogue pas comme tu blogues, mais qui blogue comme tu vas bloguer. Vous verrez, ça aura son importance plus tard (dans un twist final de foufou).

"Le rap c'est primitif". "Le rap, une musique de sauvages". Combien de fois ai-je pu entendre ce genre d'inepties de la bouche de mes semblables ? Aucune foutue idée. Et en guise de réponse, je vais m'aventurer en terrain glissant. Car contrairement à Chris Rock, je n'ai pas de talent 44 ans, et je ne suis pas fatigué de défendre la musique rap. Souvent, je trouve pathétique les vaines tentatives de légitimation par l'exemple auxquelles certains bien-pensants se prêtent pour faire branchouille. "Regardez ce petit MC Solaar, c'est formidable ce qu'il fait de notre langue". Mais là c'est quand même du dossier. Et du gros, du lourd, du poids buffle. Une petite citation en guise d'intro ?

Si l’on bâtissait la maison du bonheur, la plus grande pièce serait la salle d’attente.

C'est de Montaigne, dans ses Essais. Excusez du peu. Vous ne voyez pas où je veux en venir ? Alors suivez moi.

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Je débranche (encore) la deuxième manette

razers.pngC'est un acte anodin, un geste innofensif. Un truc de geek en plus. Je débranche ma vieille Sidewinder USB à 6 malheureux boutons, j'enroule le câble autour de son axe et je la remise dans mon placard. Je referme le placard, je ferme l'émulateur encore lancé, encore en pause parce qu'on devait vraiment y aller cette fois. "Celle-ci c'est la dernière, après on y va". Ouais Alex', t'inquiètes que tu vas te la prendre ta purée. Twinkle Star Sprites ? Ok je suis ton homme, viens ici que je te... Oh, il m'a foutu une rouste ce con. Bon, c'est dommage on aura pas le temps de faire la revanche, la belle, la vengeance, le tournoi et le Master Championship, mais la prochaine fois, certainement.

Je relance l'émulateur, redémarre le jeu. Je le finis pour me prouver que malgré que je ne pratique que très peu, j'ai encore mon petit niveau. De beaux restes même. 6 ans déjà qu'on joue à ce vieux trucs japonais complètement plein de kawai-ismes tous plus honteux les uns que les autres, mais au gameplay farouchement efficace. 6 ans qu'à chaque session de retrouvailles, on est mécaniquement happés vers un ordinateur, une manette chacun dans les mains, pour rejouer encore et encore LE match. En parlant du monde, de la vie, des filles, du travail, de la mâturité. Coca et pizza de rigueur, en remplacement des traditionnels kilos de bonbons acidulés achetés à la hâte dans une superette de quartier.

Hier matin jusqu'à cet aprem, il y avait chez moi Alexandre, mon meilleur ami of all time. Le one top moumoute comme il aime se définir. Il venait passer un bout de weekend avec votre serviteur avant de (re)partir autour du monde chercher je-ne-sais-quoi. Je lui souhaite de le trouver d'ailleurs pour qu'enfin un jour on habite pas trop loin. Tous ces "au revoir" en près de 20 ans de connaissances, et jamais un seul accroc, toujours pour mieux se retrouver. Bref mais intense, on se voit peu mais on a l'amitié des adultes avec l'espièglerie de l'enfance. Et quand tu veux chacal, je te remets ta raclée, non mais.

(Et non, je ne parlerai pas de ma lamentable bévue sur Streets Of Rage 2)

La télé n'aime pas ses concurrents

je-lave-mon-cerveau.jpg... Surtout lorsqu'elle ne comprend pas l'engouement des masses qu'elle pensait siennes pour d'autres qu'elle-même. Je pourrais étayer mon propos de dizaines d'exemples, j'en ai choisi deux récents et particulièrement représentatifs de l'absurdité du traitement desdits compétiteurs. Le premier, c'est le fumeux reportage d'Envoyé Spécial titré "Planète Facebook" par Jérémie Drieu et Matthieu Birden. Le second, c'est la campagne lancée en grandes pompes par Nadine Morano en tête pour avertir les parents sur les dangers d'Internet. Les deux s'inscrivent sans le savoir (je l'espère, sinon c'est d'autant plus pathétique) dans la crainte maladive que la télévision ressent devant ses courbes d'audience aux allures de descentes de ski. Oui, les téléspectateurs fuient de plus en plus le petit écran pour un autre, celui de l'ordinateur. Et au lieu de se demander pourquoi, de chercher à comprendre ce déplacement d'intérêt, que croyez-vous que les rédactions de télés (ici publiques !) choisissent de montrer ?

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Médine - Arabian Panthers

medine-cover-arabianpanthers.jpgLe tocsin a sonné, les armes ont été aiguisées pendant les derniers mois écoulés et les troupes frémissaient d'impatience à l'annonce de son retour. Médine, la panthère de métal, seigneur de guerre comme Dry revient conduire ses soldats et brandir haut les couleurs du rap français dit conscient. Malgré la très grande attente qui reposait sur ses épaules, le havrais n'avait pas ménagé son public à grand coups de teasing et de inside picks dévoilant quelques titres de son album. Exhortant les masses à la prise de conscience et à la commémoration de mémoires un peu oubliées, le barbu le plus célèbre du rap français a lancé en rotation et à disposition du public ses dernières roquettes le 24 novembre dernier. J'avais été à l'écoute et bien averti de tout ce que la panthère arabique comptait déployer sur ce projet, symbole de son accession au monde de la distribution par une major (Because en l'occurrence). Et voilà que son album a fini ses 50 lectures rituelles dans mon poste, je peux donc décemment vous parler de ce troisième opus si attendu...

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Dieudonné : J'ai fait l'con

dieudo-faitlcon.jpgHier, le 11 novembre donc, je retrouvais mon compagnon de route de psychologie Ludwig pour une soirée culturelle en compagnie de l'humoriste français qui me fait le plus rire : Dieudonné M'Bala M'Bala. C'est un fait, depuis sa promotion en décembre 2003 au rang de branche humoristique d'Al Qaida (à lui tout seul), je suis le personnage dans ses aventures et ses spectacles successifs. Depuis Pardon Judas jusqu'à Dépôt de bilan (je confesse que les best-of ne m'ont pas attirés), j'ai ri à chacun d'eux pour le talent de l'humoriste (je vous défie de trouver un humoriste abordant la laïcité, la mort et la géopolitique avec autant d'aisance), et pour les thèmes "hors des clous" choisis par lui. La fine équipe du 11, ses fausses excuses, le divorce de son pote Patrick, et de multiples pépites d'un calibre 44 (au moins) vont égayer mes longues soirées nantaises.

J'avais par ailleurs été tenté d'aller le voir au petit théâtre de poche avec mon compère Guranga en 2005 pour son spectacle 1905 sur le thème de la laïcité, bien sûr. Alors aller le voir en 2008, après l'affaire du baptême de son rejeton, après son rapprochement d'avec celui qui voit d'un mauvais oeil (de verre) la question des flux migratoires, c'est très chargé d'émotions pour moi. Mais j'ai essayé de me détacher du côté "de l'eau a coulé sous les ponts" pour vivre, puis vous livrer (bande de veinards) les clés de compréhension critiques de J'ai fait l'con. C'est parti, on attache sa ceinture, et on avale ses extraits de second degré.

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Avis sur le film Mesrine : L'instinct de mort

affiche-mesrine-instinct.jpgAyant été convaincu par la pression médiatique et populaire d'aller zieuter le dernier blockbuster camembert (ou annoncé comme tel), il me semblait opportun de coucher ici mes impressions sur ladite machine à fric. Ceux qui d'entre vous sont mes friends sur Facebook le savent, je suis un grand fan de M. Cassel fils (pas celui qui rappe). Et c'est non sans un a priori positif que j'abordais l'achat de mon ticket en cette après-midi fort agréable, dans mon cinéma local. En effet, il est difficile de nier le grand talent du monsieur, s'illustrant parfois, faisant polémique d'autres dans le paysage bien terne du cinéma français. Ok, je l'avoue volontiers, ma culture dans le domaine est très très limitée et bardée d'a priori très négatifs pour le coup, mais que voulez-vous ? J'ai du mal avec les histoires de trentenaire qui ne veulent pas grandir, en quête du sens de la vie et le trouvant entre potes. Mouais.

Donc, retournons à notre mouton noir, Mesrine. En interview, Cassel veut cadrer son personnage dans un réalisme historique et balancé, et défend bec et ongles la prononciation correcte du nom du personnage. Je suis intrigué parce-qu'en général, les biopics, c'est pas connu pour être particulièrement fidèle au réalisme et ce genre de choses. Et pour parachever dans l'idée que (peut-être) j'avais une arrière-pensée un peu négative du projet, il y avait quand même quelques échos un peu mitigés que j'ai pu capter ça et là... Foi de Adam Hunter, il fallait que j'en ai le coeur net.

Et puis merde, je vous parle aussi du second volet, parce que je vous l'avoue, grosse flemme de refaire deux fois la même chose...

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Historique : un noir à la maison blanche

obama-progress.jpgDe mon vivant, j'verrai pas de négro aux présidentielles rappait Booba. Si le récent auteur d'un hommage incompris à Kurtis Blow pensait plutôt à notre cher vieux pays qu'au pays de Kurtis Blow justement, je ne pouvais pas laisser dans le non-dit, ou plutôt le non-écrit, la récente victoire de Barack Obama sur son adversaire, le bloqué des bras John McCain. Non point que je veuille vous livrer ce que mon esprit critique de citoyen du monde espère en matière de géo-politique ou de préservation de l'environnement. Non point que je puisse vous détailler et vous faire la revue (critique, elle aussi) des points de son programme qui m'enchantent, et ceux qui m'atterrent. Non point, enfin que je veuille vous faire le coup de l'analyse historique foireuse à la mâches-moi-la-grappe tel un fameux bloc-noteur romanquêteur que le monde nous envie.

Non point de tout ça ici.
Je ne suis pas Sébastien Fontenelle pour juste me réjouir presque naïvement de cette nouvelle.
Je ne suis pas Alexandre Adler pour déballer des inepties genre tout le monde entier de la profonde -et pourtant très obtue- extrême-gauche jusqu'à McCain pense que "le péché ségrégationniste de l'Amérique a enfin été purgé" (notes bien que dans la bouche du gars ça veut plutôt dire "Voyez comme l'avance américaine se fait sentir et comme ils ont su répondre promptement aux blessures presque imaginaires des colorés militants des sixties"). Je ne puis prétendre à aucune grande leçon ici, à aucune conclusion de la portée qu'il faudrait pour cette occasion. Par contre, je vais tâcher de disséquer pourquoi cette nouvelle, ce discours, m'ont fait pleuré à chaudes larmes pendant une vingtaine de minutes à leur annonce. Et ça, je crois être capable de vous en expliquer la portée, et comment celle-ci me dépasse de loin.

NDA : le titre raccoleur de cet article est complètement assumé par son auteur.

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10 choses utiles que ma journée m'a apprises

Parfois c'est super con, mais je me dis que je me coucherai vraiment moins bête ce soir. Alors pour ne pas que j'oublie (on connait ma mémoire légendaire), et pour faire partager mes découvertes précieuses (ou pas), je vous propose à toi et à toi, chers lecteurs (que j'imagine être deux, grand max). Pour comprendre d'où viennent ces "apprentissages" (le grand mot...), il faut savoir que j'ai fait un grand tour, autant virtuel que réel. Le réel c'était ce matin en ville, le virtuel, c'était cet aprem, d'où d'ailleurs je vous écris ces quelques lignes.

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Grain de Caf - Négronomie

graindecaf-black.jpgLancé il y a quelques jours sur le net, je vous propose aujourd'hui de découvrir le morceau "promo" du prochain solo de Grain de Caf issu du groupe Octobre Rouge. Il s'agit du titre Négronomie, un texte rappé impeccablement sur un instru ni avant-guarde élitiste, ni piano-violon mielleux, juste dans l'ère du temps. L'artiste nous livre sans concession sa négronomie donc, son point de vue de noir en France si l'on peut dire. Une version rap sans concession, sans détour de cette réalité que peu de gens aborde ouvertement dans l'espace public, par crainte bien compréhensible du regard social, plus que du débat lui-même. Une déclinaison courte allant à l'essentiel de la question traitée notamment par Pape Ndiaye dans La condition noire : Essai sur une minorité française (un bouquin dont je compte faire lecture incessament sous peu, plus tard quoi). Je vous laisse écouter, lire les paroles (c'est dans la suite), puis si vous le souhaiter entamer la lecture de mon énième avis sur la pépite culturelle du jour...

Note importante : les lyrics sont à l'état de brouillon si je puis dire, j'attends des corrections de la part d'éminents membres d'unc ertain forum, mais si l'un de mes lecteurs me laisse en commentaire ou en mail ou n'importe certaines qu'il aurait pu relever, je corrigerai avec plaisir mon erreur. Par avance merci.

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Joystick et moi, c'est fini.

joy-titre.pngLa fin d'une époque, le début d'une autre. C'était ma revue préférée, fétiche. Celle qui a accompagné ma fin de collège jusqu'à la fin de mes doutes professionnels. Celle qui m'a fait rire quand je n'avais pas le moral, celle qui a gorgé ma plume de cette salinité si particulière. Joystick, c'est mon premier gros coup de coeur dans la presse après une grosse période de doute et de perplexité sur la maquette et les couv' qui me laissaient pantois. J'avais éliminé les PC Jeux, les Gen4 et autres PC Soluces de ma considération et de mes prévisions d'achats mensuelles pour lui, je consacrais 6,5€ chaque mois à ce précieux achat qui sentait bon le papier et l'encre à peine évaporée. Bon peut-être que j'en rajoute un tout petit peu mais, comprenez que Joystick possède un très haut score sur l'échelle Madeleine-Proust de votre serviteur. Comment expliquer sinon ma tristesse à l'annonce de la mort d'un de leurs ex-collaborateurs, un peu comme si quelque part, je me sentais un (très) lointain du cercle des initiés, des proches. Approchez que je vous raconte.

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